Dolomite in the Mist 

Skyscraper by Elias and Theresa Carlson

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Amsterdam - Netherlands (von pasotraspaso)

Inconnu dans mon équation.

J’ai appris à vivre avec. À vivre avec le fait que ça n’arriverait pas. Que toutes ces théories n’étaient valables que sur papier. Que cette équation n’avait aucune solution. Qu’après des calculs interminables il valait mieux abandonner sur le tas. Qu’un jour l’inconnue n’en serait plus une. Qu’un autre me donnerait la bonne réponse. Qu’il n’y avait aucune géométrie pour se rapprocher d’une possible résolution. Que même la symétrie était inexacte dans ce cas présent. Que tu as pris l’ordonnée pendant que je prenais l’abscisse. J’ai appris à vivre avec. Mais j’ai aussi à vivre sans toi.

Il n’y avait que de l’air.

Après des années à errer dans un froid éternel elle avait enfin compris qu’elle n’appartenait pas à cet hiver sans fin. Il lui aura fallut traverser des forêts sans vies, gravir des montagnes enneigées, et affronter un souffle glaciale pour s’en rendre compte. Des mois de solitude avec pour seul ami une voix qui ne faisait que de lui murmurer “rentre, rentre là où l’espoir existe encore”. Se geler les mains et les pieds dans ce blizzard tumultueux. Appréhender la fin au vu de sa déchéance, aussi bien corporel que morale. Et encore, même après ça elle a tenu à arriver. Où ça me direz-vous ? Dans l’antre de son coeur. Le coeur de son hiver.

Ce n’était qu’une note de plus.

C’est comme une mélodie. Il entre en toi d’un coup, sans crier gare. La première fois que tu découvres cette symphonie enivrante, tu es dépossédé de toute vraisemblance. Tu as livré ton âme à ce chant mystique dès les premières notes mielleuses. Celles-ci trottent constamment dans ton esprit. Elles tournent, encore et encore, comme un 45 tour sur sa platine. Plus rien ne compte. Pourtant, toutes les chansons ont une fin. Et c’est à ce moment-là, quand le bras de la platine a fini sa course sur le vinyle, qu’il ne reste que ce petit crépitement, que tu te rends compte que c’est la fin. Pour autant, cet instant, qu’on nommera de retour à la réalité, fait bien plus mal lorsqu’on applique ce schéma à l’amour. Rare sont les fois où l’on peut relancer l’alchimie entre deux êtres comme on peut relancer une musique. L’amour, c’est comme une mélodie. Mais ce n’est pas parce que toutes les chansons ont un fin, que c’est une raison de ne pas en apprécier la musique.

C’était dur à entendre, c’était dur à admettre.

Te souviens-tu de nos longues promenades le long de l’océan ? De la sensation que nous offrait la douce brise matinale, lorsqu’elle venait effleurer nos visages si jeunes ? De nos pieds qui s’enfonçaient délicatement dans le sable humide ? De la symphonie que nous jouait l’océan lorsque les vagues déferlaient sur les rochers ? De l’odeur iodée qui nous chatouillait les narines ? Te souviens-tu simplement de l’effet que produisait ma main dans la tienne, de ce pincement au coeur qui s’emparait de ta poitrine lorsqu’on devait se quitter ? J’en doute. Vois-tu, qu’importe l’aspect trivial de ces moments qu’on a pu partager, je n’avais pas besoin de ce paraître si luxueux. Je n’avais besoin que de toi, et de cette bulle qui nous isolait du reste du monde. Aujourd’hui, je me dis que l’idée que je m’étais faite de toi était bien fausse. L’apparence ayant pris le dessus, je ne suis plus qu’un souvenir pour toi. Un vulgaire souvenir.

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